L'avis de Marie 146 : Les cafés, les créateurs (19 juin 2015)

Bonjour. Nous sommes le 19 juin 2015, et vous écoutez le podcast  « L’avis de Marie ». Aujourd’hui je vous invite à nous asseoir dans un petit bistrot, et autour d’un verre on parlera de l’avenir des cafés et de créateurs de robe de mariées.

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Les bistrotiers [1], c’est-à-dire les patrons de bistrots, sont de moins en moins nombreux à servir des petits noirs, le nom que l’on donne en France au petit café. Ils sont par contre de plus en plus nombreux à broyer du noir, à déprimer. Pensez donc, 6 mille cafés disparaissent chaque année en France. Ceux qui veulent survivre, continuer à vivre de leur métier, doivent songer à trouver de nouvelles formules. Bref le secteur des petits café est en pleine mutation.
Autrefois, chaque village avait un, voire plusieurs cafés. Dans le mien par exemple, dans un petit village de 240 et quelques âmes [2], il y en avait 3. Aujourd’hui il n’en reste qu’un, et celui-ci s’est plutôt transformé en restaurant.
Dans chaque village de France, il y avait son église, son école, et son bistrot. C’était de véritable lieu de rencontre, de réunion ; les petits vieux [3] y passaient leurs journées, d’autres y passaient plusieurs fois dans la journée, les jeunes y jouaient au baby foot le soir. A n’importe quelle heure de la journée, on y croisait [4]un client. Dans les cafés, on discutait de politique, de tout et de rien, on refaisait le monde [5].
Aujourd’hui, les écoles ferment, les églises se vident, et les cafés disparaissent. En 1910, il y avait 510 000 cafés pour 42 millions d’habitants, aujourd’hui il en reste 60 000 pour 58 millions d’habitants. Les bistrots sont sans doute victimes de l’évolution de la société ; l’avènement [6] de la télévision, le développement des loisirs, font que les gens vont de moins en moins dans les cafés. Et l’arrivée d’internet avec les réseaux sociaux, font que les gens restent devant leur petit écran d’ordinateur ou de téléphone portable. Au lieu de discuter avec des voisins de comptoir, on communique, ou du moins en a-t-on l’impression, avec la planète entière. Ensuite, il y a la crise économique, les gens ont quitté les villages pour trouver du travail près des villes, les bistrots de campagne ont fermé.
Certains pensent aussi que le développement de la grande distribution [7] a provoqué ces changements ; on peut aujourd’hui consommer de l’alcool chez soi pour bien moins cher, et la mise en vente de machines à café, dont je ne citerai pas le nom, permet à chacun de boire du bon café.
Il y a cependant encore une troisième grande raison, celle-ci est politique. Depuis l’après-guerre, l’Etat ne cesse de partir en guerre contre la consommation d’alcool… et les bistrots trinquent [8] ! Il y a eu en 1970, la mise en place de l’Alcootest, puis la loi Even contre la publicité sur l’alcool et aujourd’hui la tolérance d’alcoolémie est de 0,5 grammes, et selon sa morphologie, en moyenne 2 verres suffisent pour avoir son permis de conduire retiré. Une autre loi qui prive les bistrots de leurs habitués, c’est la loi anti tabac. Beaucoup faisaient leur pause dans les bistrots pour boire un petit café et fumer leurs cigarettes. Les habitudes ont dû être changées, et c’est une nouvelle génération de bistrots qui voient le jour. En France 15% des cafés se sont reconvertis [9] en bar à thèmes ; bars à bières, bars à vins, à cocktails, les cafés littéraires, les cyber-cafés, les cafés concerts….. les décorations ont changé, les concepts ont changé et le prix du café a augmenté !

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C’est fou comme les choses bougent de manière imprévue [10] dans une vie. Si on m’avait dit un jour que j’allais me marier.. Oh la la, ce que j’aurais ri ! Eh bien je ne ris plus ! Enfin si, mais de bonheur ! Une fois la demande faite, voilà qu’il faut organiser le jour J ! Et c’est une aventure en soi ! L’endroit de la fête a été très rapidement décidé, ce sera au bord de la rivière. Mais ensuite, il faut décider qui on invitera : Bien sûr qu’on a envie d’inviter toutes les personnes qui ont compté et qui comptent pour nous. Mais très vite il y a un détail qui prend de plus en plus de l’importance, c’est le budget ! Car il faut à boire, à manger. Il faut une tente, car si bien même on dit « mariage pluvieux, mariage heureux », il faut penser à un abri en cas d’intempérie [11]. Je veux bien faire l’économie d’un coiffeur, d’un maquilleur, d’un DJ, la décoration, je la fais moi -même, mais il y a les alliances [12] et il y a la robe ! Ah la robe de mariée ! Vous en conviendrez, c’est essentiel ! C’est que j’en ai passé du temps sur internet pour en trouver une ! Je savais ce que je voulais : Ne pas ressembler à une meringue ! Oui vous savez, ces robes de mariée dans lesquelles, on ressemble effectivement à une meringue, ce dessert à base de blanc d’œuf !
Mon choix revenait toujours vers la même créatrice Delphine Manivet. J’ai peut-être du goût, mais pas forcément les moyens financiers. Je n’allais pas mettre 4500 euros dans une robe de mariée tout de même ! Je n’épouse pas le prince Harry, - bien trop jeune -, ni le prince Carl Philippe de Suède. Alors j’ai pensé me la faire faire par une couturière. 20150619 F robedemarieeJ’ai fait un modèle avec du papier de soie pour avoir une idée de ce que je voulais. Sur internet, je trouve une couturière, une parisienne. Oh je ne l’ai pas choisie par mondanité, mais parce que ces créations me plaisaient. Elle avait l’air sympa lors de notre premier rendez-vous sur Facetime. Elle me conseille d’aller essayer des robes qui me plaisaient. Moi la provinciale [13], je n’avais pas eu l’idée, ni le courage d’entrer dans la boutique très chic de ma créatrice préférée dont les robes représentaient presque 4 mois de salaire ! « Si, si allez-y, cela se fait ». Aurais-je encore un rendez-vous ? Mes recherches sur internet m’ont appris que pour certains créateurs, il fallait prendre rendez-vous un an plus tôt pour avoir la chance d’essayer les robes. Mais moi, il y a un an, je ne savais même pas que j’allais me marier ! J’insiste un peu, et j’obtiens le laissez passer pour la boutique. Me voilà donc à Paris, dans la boutique de Delphine Manivet située derrière les Champs Elysées. L’endroit est beau, clair, sobre. Au fond du magasin, il y a un petit boudoir [14], avec un canapé blanc, une petite table et une grande cabine d’essayage, avec toutes ces robes, Dieu qu’elles sont belles ! La vendeuse, entre avec moi dans la cabine, je me sens telle une reine avec son habilleuse. Le tissu est magnifique, le tombé, incroyable. J’enfile des chaussures, et je sors me regarder dans une glace ! Je suis toute émue de me voir en blanc, dans cette robe magnifique, j’étais une mariée ! Mais bon, je n’épouse pas de Prince, alors je retrouve la rue, et vais rencontrer ma couturière et nous discutons du modèle.
De retour en Alsace, j’ai un projet de robe. Une bonne chose de faite. La robe sera toute simple, mais si la robe est simple, les détails sont importants. Nous avons encore, avec ma couturière, deux échanges par mail dans lesquels je précise mes souhaits avec des photos. Et puis un jour, un mois plus tard, c’était avril, elle m’envoie un mail, et m’expliquait que vu la distance, blablabla, il était préférable que je trouve quelqu’un d’autre qui me fasse ma robe ! Et paf ! J’avais pensé avoir réglé cette histoire, et voilà qu’elle me laisse tomber ! Ah ça évidemment, si j’avais été une parisienne qui travaillais dans un magazine de mode, elle aurait accepté tous mes caprices ! Mais évidement un petit mariage au fin fond de l’Alsace, entre vaches et chèvres… cela n’allait pas lui faire une réputation.
Alors je surfe à nouveau sur le net, je soupire toujours devant les robes de Delphine Manivet, eh non, toujours pas de Prince à l’horizon, il me faut rester raisonnable et voilà que je tombe sur une boutique qui vend des robes de défilé, des robes d’essayage à plus de moitié prix ! Le samedi suivant, je suis à Paris, dans le petit salon d’essayage de la boutique qui avaient essentiellement des robes de ma créatrice préférée ! J’en choisi plusieurs, des sages, des folles, des robes de princesse. J’enfile la première, très jolie. J’enfile la deuxième : Ce sera celle-ci. J’essaie les autres, histoire de me faire plaisir, avec de la tulle, de l’organza [15], mais je savais déjà que mon choix était fait. Ah non je ne vais pas vous la décrire, cela ne se fait pas. Disons qu’elle a été faite pour moi !

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Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. On se retrouve dans deux semaines sur www.podclub.ch ou sur notre APP et nous écouterons la suite des aventures de Clara. Je vous parle d’oiseau et de mon enterrement de vie de jeune fille. A bientôt


[1] le bistrotier : la personne qui gère, qui a un bistrot, un café
[2] l(a) âme : ici comprenez le nombre de personnes
[3] les petits vieux : façon tendre de parler des personnes agées
[4] croiser : ici dans le sens de rencontrer
[5] refaire le monde : expression pour dire qu’on parle de tout et de rien, de la vie, des sentiments, de politique, on philosophe !
[6] l(e) avènement : l’arrivée, la naissance , ici on parle des nouvelles habitudes des gens depuis qu’ils ont la télévision à la maison
[7] l(la) grande distribution : les grands magasins,
[8] trinquer : ici rien à voir avec le fait de faire tching tching avant de boire à la santé de quelqu’un ou de quelque chose, non ici trinquer, est dans un sens familier, les bistrots subissent, sont les victimes, la réglementation sur la tolérance à l’alcoolémie est devenus plus sévère, les clients consomment moins, les bistrotiers subissent les conséquences économiques
[9] se reconvertir ; changer d’orientation, de concept
[10] imprévue : qu’on ne peut pas prévoir, qui ne sont pas annoncé en avance
[11] l(a) intempérie : le mauvais temps, une météo mauvaise
[12] l(a) alliance : la bague de marié, l’anneau qui symbolise l’union entre deux personnes
[13] l(a) provinciale : la fille qui n’habite pas la capitale, la Province, c’est ce qui n’est pas Paris
[14] le boudoir : une petite pièce réservée aux femmes, un lieu intime
[15] la tulle, l(a) organza : matière légère, fluide avec laquelle on fait des robes de mariée

KOMMENTARE ANZEIGEN  

Peter Hallwyl 01-07-2015 16:23
Chère Marie.
J'écoute tu podcast très intéressantes et du haut niveau depuis le commencement. Je comprends bien le français mais j'ai des difficultés pour écrire.
Mais aujourd'hui je vais me forcer pour une raison spécial. Je te félicite pour tout mon cœur pour ton mariage. Si je lisais tus textes j'aurais jamais pensé que tu allais te marier. Tu le dis toi-même. Peut-être tu nous racontes quelque chose de ton mari, car je m'intéresse quel homme extraordinaire a eu la chance d’être choisi par toi.
Merci pour tus podcasts et je souhaite un très bon futur pour pour toi et ton mari. peter
Tsutomu Mitamura 29-06-2015 11:42
Bonjour, je suis Japonais âgé de 66 ans, bien sûr déjà retraité.

Heureusement je suis tombé sur ce site quand je surfais sur internet. Donc c'est la première fois que j'écris ici un message .

J'ai lu et écouté votre histoire avec interet même en consultant très souvent un dictionnaire. C'etait un peu difficile pour moi mais très intéressant. J'ai l'impression que ce podcaste m'est très utile à apprendre le français, donc je compte continuer désormais aussi.

D'après vous, vous allez bientôt vous marier.
Toutes mes félicitations ! C'est pour quand ?

J'attends la prochaine histoire ave impatience.
Excusez-moi s'il y a des fautes dans mon franaçais.
Au revoir et à bientôt.