L'avis de Marie 155: De la pluie et du beau temps, les âmes douces et l’acte manqué (20 novembre 2015)

Bonjour, soyez les bienvenus sur mon podcast « L’avis de Marie ». Aujourd’hui, nous sommes le 20 novembre et j’aimerais vous parler de la pluie et du beau temps, et puis, plus tard, d’âmes [1] douces. Vous êtes prêts ?

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Oui, bien sûr, je pourrais vous dire que le ciel est bleu et que les températures sont extrêmement agréables pour un mois de novembre. On peut profiter des terrasses de café entre midi et deux heures et faire des économies de chauffage ! Pourtant, si l’hiver sera aussi rude qu’il fait beau, mes économies brûleront comme le bois dans ma cheminée ! J’ai vu un reportage à la télévision où il montrait que l’ours d’un zoo avait déjà commencé son hibernation [2] et qu’il avait creusé sa tanière [3] très profondément, ce qui voudrait dire qu’il se prépare à un hiver très froid ! Alors soit cet ours est complètement déréglé ou la nature qui fait si bien les choses, nous apporte encore les vitamines D nécessaires à notre survie ! Voilà, je vous ai parlé du beau temps, mais pas de la pluie. En fait l’expression « parler de la pluie et du beau temps », signifie parler pour ne rien dire, parler de tout et de rien. Familièrement, on peut aussi dire : « tailler une bavette », ou encore « tailler le bout du gras ». C’est aussi ce qu’on nomme en anglais un « small talk » ! Bref, c’est ce qu’on fait quand on se sent obligé de converser avec des personnes qu’on ne connaît pas bien; avec une vieille tante qu’on ne voit qu’une fois dans l’année, avec une vieille copine de l’école primaire, avec qui on n’a pas envie de parler ni de politique ni de nos problèmes ou nos espoirs, mais avec qui on va justement parler de tout et de rien, de la pluie et du beau temps. C’est ce qu’on appelle en linguistique une communication phatique, c’est-à-dire une sorte de langag, non pas pour faire passer un message important , mais juste pour maintenir un contact verbal afin d’éviter que s’installe une gêne, un silence. Car le silence n’est pas toujours acceptable. Bref, le « small talk » ou « parler de la pluie et du beau temps », c’est aussi parler de banalités, c’est bavarder, papoter, parler du temps qu’il fait, de résultats sportifs... Pour éviter cela, vous pourriez vous inspirer de l’auteur américain Chuck Klosterman et de l’une de ses "50 questions pour des conversations de maboules [4]". Ainsi, à la personne assise à côté de vous que vous ne connaissez pas ou à cet ancien collègue rencontré au supermarché, demandez-lui donc : « Si tes parents venaient d’avaler [5] un flacon de [6] sérum de vérité [7], quelle question tu leur poserais ?» Ou vous pourriez aussi lui poser la question du "j’ai jamais fait". « Tiens bonjour, dis-donc cela fait longtemps ! Alors dis-moi, qu’est-ce que tu n’as jamais fait ? » Mais suis-je bête ! Aujourd’hui plus personne ne se parle, assis à côté d’une personne que vous ne connaissez pas, vous ne l’auriez même pas remarquée puisque vous auriez eu votre nez dans le portable, et cet ancien collègue non plus, puisque au milieu des rayons du supermarché, en consultant votre liste de courses sur votre application, vous auriez remarqué qu’un « ami » a laissé un commentaire sur votre page Facebook , et plongé dans votre portable, vous n’auriez pas vu votre ancien collègue passer à côté de vous ! Bienvenue dans l’ère de la communication !

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L’autre jour, j’ai entendu à la radio un reportage assez étonnant. C’était au sujet du livre d’un chercheur en biologie, Christian Combaz. Dans son livre les « âmes douces », ce chercheur explique l’origine de l’homosexualité. Aujourd’hui encore, pour beaucoup, les amours homosexuelles sont considérées comme contre-nature. Imaginez donc seulement les drames familiaux qui se sont passés suite à ces aveux [8] d’homosexualité, et je n’ose imaginer les violences verbales ou physiques dont certains sont victimes. Il faudrait que tous lisent ce livre, cela les remettrait à leur place, car selon Combaz, la nature, au contraire, fait bien les choses ! Car pour lui, l’homosexualité s’explique sur le plan génétique. On naît [9] homosexuel. Et on naît homosexuel car cela participe à un plan de la nature. Depuis la création de l’humanité, l’homme est né avec une nature [10] guerrière, nécessaire à sa survie [11], mais aujourd’hui on ne chasse plus le mammouth, aussi l’homme a des maisons, des sécurité sociales, des vacances payées, il serait temps qu’il développe son esprit. Alors, mère Nature veut rééquilibrer l’humanité. Si nous naissions tous avec des natures guerrières, nous nous entretuerions [12]. Alors pour atténuer [13] cette agressivité, certains naissent homosexuels, et comme ils sont moins agressifs par nature, ils participent à un plan de paix pensé par la Nature. Oui, l’homosexuel participe à l’équilibre de l’humanité, sans lui, la civilisation disparaîtrait puisque nous passerions notre temps à nous faire la guerre. Pour ce chercheur, l’homosexualité a une origine génétique. Lady Gaga n’a-t-elle pas chanté « Born this way » ? Enfin ce que je trouve particulièrement joli dans cette théorie, c’est le nom qu’il a donné à ces hommes et ces femmes, ils les appelle les « âmes douces », des âmes à qui nous devons encore ce fragile équilibre de paix ! Alors quelles que soient nos préférences, soyons, nous aussi, des âmes plus tolérantes.

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Il m’est arrivé un truc assez bizarre, comme si j’étais entrée dans la quatrième dimension. J’étais au lycée et j’avais ma pause de midi. Je suis allée déjeuner et de retour dans la salle des profs j’ai corrigé des copies. Je regardais ma montre pour ne pas oublier que j’avais cours à 15:00 heures. Je corrige, je contrôle de temps en temps ma montre, les aiguilles avançaient, et donc l’heure aussi. Il me semblait bien que ma pause me paraissait plus longue, mais bon, corriger des copies, n’est pas une activité toujours très passionnante, le temps peut paraître long. La sonnerie retentit [14], je me dirige vers la salle de classe. Tiens, les élèves ne sont pas encore arrivés. Sans doute avaient-ils eu un test en histoire. Je sais qu’avant leur cours de littérature, ils ont histoire. Bon, je m’installe dans la salle, allume l’ordinateur. Je remarque bien que l’heure affichée avançait d’une heure. Tiens, tout de même quelqu’un aurait pu changer l’heure depuis deux semaines maintenant que nous sommes passés à l’heure d’hiver ! Je regarde ma montre, il était 14:57, je regarde l’heure affichée sur l’ordinateur, il était 15:57. Doute. Dis donc, le changement d’heure sur un ordinateur ne se fait-il pas automatiquement ? Je sors de la salle de classe, longe [15] le couloir à la recherche d’une horloge. Il était bel et bien 15:57. J’avais cours une heure plus tôt ! Et je suis arrivée une heure plus tard. Et ne me dites pas que j’avais oublié de changer l’heure de ma montre ! Je vous promets qu’elle affichait l’heure exacte le matin même ! Non je vous le dis, je suis entrée dans la quatrième dimension ! Ou alors est-ce ce qu’on appelle un acte manqué [16]?

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Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. N’oubliez pas que pour travailler votre lexique vous pouvez vous rendre sur notre fonction vocabulaire disponible sur notre App. Nous, on se retrouve dans deux semaines sur www.podclub.ch, ou sur notre App et je vous emmène chez le vétérinaire [17], enfin non, vous allez m’accompagner chez le vétérinaire, et puis, sans doute aussi, je vous ferai part de mes envies de déménagement. En attendant, profitez du ciel bleu et de l’été indien ! A bientôt.


[1] (l(a))âme : (du latin anima, « souffle, respiration ») le moi profond ; l’esprit, l’intellect, le cœur, la conscience
[2] (l(a)) hibernation : le temps où l’ours dort pendant l’hiver
[3] (la) tanière : le trou que l’ours ou tout autre animal fait dans la terre
[4] maboule : fou
[5] avaler : boire
[6] (le) flacon de : une petite bouteille
[7] (le) sérum de vérité: une sorte de potion qui fait dire la vérité, les choses vraies
[8] (l(e)) aveu : la confidence, la chose qu’on avoue, ici par exemple on a caché pendant longtemps son homosexualité et un jour on l’annonce, on l’avoue
[9] naître : venir au monde
[10] (la) nature : ici dans le sens une manière d’être, un caractère guerrier
[11] survivre : continuer à vivre malgré les difficultés
[12] s’entretuer : se tuer les uns les autres
[13] atténuer : faire baisser, ici rendre moins agressif
[14] retentir : sonner
[15] longer : aller le long de
[16] (l(e)) acte manqué : une chose qu’on fait sans s’en rendre compte et qui traduit des choses inconscientes
[17] (le) vétérinaire : le docteur des animaux